Egungun
Le terme « Egun » vient du yoruba (Kaaro) et signifie « os, squelette », c’est-à-dire « celui qui est mort et qui revient ». « Egungun » est donc la réduplication de « Egun ». Egungun est d’abord une institution dans certaines familles de l’aire Adja-Tado où, à la transition d’un individu ayant mené une bonne vie, les membres de la famille décident de l’immortaliser. Il s’agit d’une béatification qui succède et institue à la fois une ancestralisation, tel que cela est généralement de coutume dans les familles Gbè, et le culte des ancêtres. Au fond, le…
Le terme « Egun » vient du yoruba (Kaaro) et signifie « os, squelette », c’est-à-dire « celui qui est mort et qui revient ». « Egungun » est donc la réduplication de « Egun ». Egungun est d’abord une institution dans certaines familles de l’aire Adja-Tado où, à la transition d’un individu ayant mené une bonne vie, les membres de la famille décident de l’immortaliser. Il s’agit d’une béatification qui succède et institue à la fois une ancestralisation, tel que cela est généralement de coutume dans les familles Gbè, et le culte des ancêtres. Au fond, le culte Egungun et le culte des ancêtres sont une même réalité religieuse dans l’aire Adja-Tado, une démarche qui ne finit pas de nous enseigner que la première religion de l’humanité est sans conteste le culte des ancêtres, ce qui n’est pas sans évoquer la scène de la pesée du cœur dans la conception égyptienne de l’immortalité des défunts.
Seulement, il y a une différence non pas seulement de fond, mais surtout de forme entre le culte Egungun et le culte des ancêtres dans le continuum dialectal Gbè. Car si les deux cultes figurent le retour spirituel des morts parmi les vivants, Egungun est plutôt non seulement un retour physique, c’est-à-dire une matérialité de l’esprit du défunt, raison pour laquelle il est masqué, mais surtout ce masque donne lieu aussi bien à une vénération qu’à un spectacle.